samedi 13 juin 2009

Communiqué des organisations syndicales de la Fonction publique

Les organisations syndicales de fonctionnaires CFDT, CGT, FO, FSU, Solidaires et Unsa ne siégeront pas au Conseil supérieur de la fonction publique d’Etat le 12 juin dont l’essentiel de l’ordre du jour est consacré à l’examen des décrets sur la mastérisation des personnels enseignants et d'éducation. Cette décision fait suite au vœu voté à l’unanimité des organisations syndicales lors de la section syndicale du CSFPE le 2 juin et demandant le retrait de ces textes de portée statutaire de l’ordre du jour. Elles renouvellent expressément cette exigence.

Le dispositif prévu en l’état ne permettra pas aux futurs enseignants de bénéficier d’une véritable formation professionnelle et universitaire.

En proposant l'étude des décrets à cette date du 12 juin 2009, le gouvernement a préjugé des conclusions des travaux de la commission Marois-Filâtre et des groupes de travail qui se réunissent en cette période.

Les organisations syndicales et les différents acteurs liés à cette réflexion n’ont cessé de demander du temps afin de mener un véritable débat dans la sérénité et obtenir des résultats satisfaisants pour tous et permettant une véritable amélioration de la formation des
enseignants et CPE. Le gouvernement en voulant précipiter les évènements fait fi de la concertation qu'il a lui même décidée et dès lors porte l'entière responsabilité de l'échec de ces discussions.

Aujourd’hui, les organisations syndicales de fonctionnaires : CFDT, CGT, FO, FSU, Solidaires, Unsa demandent au gouvernement de les écouter afin de prendre en compte leurs exigences.

Paris, le 11 juin 2009

vendredi 12 juin 2009

Nouvelles d'ailleurs

NOUVELOBS.COM | 10.06.2009 | 22:50

L’appartement de l’étudiante de 24 ans a été perquisitionné. Plusieurs de ses proches estiment que "c’est son engagement qui est visé".

La porte-parole du syndicat Sud-Etudiant est en garde à vue depuis mercredi matin 10. Anouck Colombani, 24 ans, étudiante en master de philosophie à l’université de Paris 8 a été jointe mercredi matin par des policiers qui lui ont demandé de se rendre au commissariat de Saint-Denis. Elle s’y est rendue vers 9 heures. A 11 heures, Anouck Colombani s’est vu signifier son placement en garde-à-vue, avant d’être conduite à l’hôtel de police du département. Les policiers auraient perquisitionné son domicile, et emporté notamment son ordinateur.
Depuis le début de sa garde-à-vue, enseignants, étudiants, personnels universitaires, et amis sont mobilisés devant l’hôtel de police de Bobigny. Ils dénoncent "une garde-à-vue qui intervient alors qu’un mouvement social occupe les universités depuis maintenant quatre mois, et qu’une nuit des universités est justement prévue à Paris 8 dans la nuit de vendredi à samedi". Selon eux, cette mesure participe des "multiples tentatives de criminalisation du mouvement étudiant".

"C’est son engagement qui est visé"


Ces faits semblent intervenir dans le cadre d’une enquête conduite par la police judiciaire de Reims, en charge notamment des investigations relatives aux incidents survenus lors du contre sommet de l’Otan début avril à Strasbourg. Anouck Colombani avait participé à la manifestation, et avait été hospitalisée après avoir reçu une pierre dans le visage. "Nous ne sommes donc pas dupes de la raison pour laquelle Anouck est ce soir en garde-à-vue, c’est son engagement qui est visé", ajoute l’un de ses camarades.

Elsa Vigoureux

lundi 8 juin 2009

4e Coordination Nationale de la Formation Des Enseignants

La 4e Coordination Nationale de la Formation Des Enseignants s'est réunie à Censier (Université Sorbonne Nouvelle -- Paris 3) ce samedi 6 juin 2009. Les travaux, qui ont réuni une centaine de participants (délégués d'IUFM et d'UFR, responsables syndicaux, un représentant de la CDIUFM, représentants d'associations professionnelles), ont permis de dresser un état du mouvement d'opposition aux réformes ministérielles et d'adopter plusieurs motions (il est à noter que tous les textes ont été adoptés à l'unanimité).



MOTION 1


RETRAIT IMMÉDIAT DE LA NOTE DE SERVICE HETZEL DU 5 JUIN


Alors que le ministère de l'éducation nationale cherche à imposer ses projets de décrets, hier, 5 juin, le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche a anticipé sur leur publication. Il adressé aux présidents d'universités et aux recteurs une note de service qui les engage à commencer la mise en oeuvre de la réforme de la formation des maîtres par la délivrance d'équivalences de M1 et de M2 aux candidats et lauréats des concours de recrutement de 2010.

Par delà les dispositions particulières envisagées par ce texte, il s'agit d'un viol de la légalité. Aucun texte réglementaire n'ayant été promulgué jusqu'à présent pour modifier le recrutement et la formation des enseignants, cette note anticipe une réforme qui, pour l'instant, n'existe que sous forme de déclarations et de communiqués des ministres, mais n'a aucune existence juridique.

C'est une nouvelle provocation envers la communauté universitaire, les enseignants et les formateurs des UFR et des IUFM. C'est une nouvelle humiliation pour les instances universitaires : ce texte est envoyé aux présidents d'université alors que les ministères ont mis en place la commission dite de « concertation » Marois-Filâtre, qui a à peine commencé ses travaux.

C'est un déni de la volonté des instances universitaires, qui ont refusé de la façon la plus massive et la plus catégorique le projet de réforme gouvernemental. Et c'est une façon perverse de concevoir l'autonomie des universités puisqu'on leur dit en somme : mettez en oeuvre de la manière qui vous conviendra cette réforme dont vous ne voulez pas.

C'est une atteinte sans précédent à l'égalité des étudiants : les critères d'attribution des équivalences pourront être « modulés » d'une université, d'une UFR ou d'un IUFM à l'autre. Qui pourra assurer que l'équivalence accordée à Lille le serait à Toulouse, que l'équivalence accordée en maths ici le serait en espagnol là ? Ce texte ébranle le cadre national des diplômes et porte atteinte à la souveraineté des jurys.

On peut s'étonner que le ministère, qui s'est affirmé récemment si soucieux de préserver la valeur des diplômes et leur contenu, improvise ainsi des critères de validation fantaisistes.

La Coordination nationale formation des enseignants demande au ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche d'annuler ce texte. Elle demande aux syndicats d'attaquer cette note de service par tous les moyens, de ne pas participer aux auditions de la commission
Marois-Filâtre et de se retirer des « groupes de travail ». Elle appelle les instances universitaires à refuser d'appliquer cette note et à exiger son annulation. Elle appelle la Conférence des présidents d'universités et la CDIUFM à refuser dès aujourd'hui de continuer à siéger dans la commission Marois-Filâtre tant que ce texte et les projets de décrets sur le recrutement des enseignants ne sont pas retirés.


MOTION 2


PROPOSITIONS D'ACTIONS



La CNFDE appelle à la poursuite de l'action sous toutes ses formes, pour mettre en échec le putsch gouvernemental et la promulgation à marche forcée des décrets modifiant le recrutement et la formation des enseignants.



- La CNFDE, en accord avec la Coordination Nationale des Universités, appelle à l'unanimité tous les syndicats à voter contre les décrets lors du Conseil Supérieur de la Fonction Publique d'État du 12 juin 2009.

- La CNFDE va proposer à tous les signataires de l'appel « Formation des enseignants : le temps presse ! » un nouvel appel demandant le retrait des projets de décrets et la reconduction pour 2010 des dispositifs actuels de recrutement et de formation des enseignants. Une conférence de presse sera organisée pour le lancement de cet appel.

- La CNFDE recommande à tous les jurys (concours, examens, qualification professionnelle) d'utiliser tous les moyens possibles pour exprimer leur condamnation de la réforme gouvernementale : rétention de notes, motions, blocage administratif.

- La CNFDE appelle à organiser dans chaque université le blocage administratif de l'application de la circulaire Hetzel du 5 juin (voir la déclaration ci-dessous) : pas de remontée des maquettes
de masters « enseignement », pas de mise en place des équivalences de M1 et M2, les PLC1 doivent être inscrits administrativement dans les IUFM.

- La CNFDE appelle à prévoir, à organiser et à annoncer dès maintenant des actions dès la rentrée : grèves sous toutes leurs formes, manifestations, diffusions de tracts, etc.

- La CNFDE appelle à l'organisation, dans chaque établissement, de journées d'étude et de concertation réunissant des formateurs des IUFM et des UFR pour élaborer collectivement une autre réforme de la formation des enseignants. Le CNFDE fera des propositions pour coordonner ces assises locales et leur donner une visibilité nationale.

- La CNFDE appelle à participer aux manifestations du 12 juin devant le CSFPE, du 13 juin, et à toutes les manifestations qui pourraient être organisées, localement ou nationalement, dans le cadre du mouvement de refus des contre-réformes gouvernementales.

- La CNFDE appelle à organiser partout, et en particulier en direction des parents d'élèves et des lycéens passant le bac, des distributions de tracts (et spécialement le 4 pages « École en danger ») expliquant les raisons de notre mouvement.





MOTION 3



AMÉLIORER LA FORMATION DES ENSEIGNANTS : SUR QUELS PRINCIPES ?


Modifier en profondeur la formation des enseignants, c'est s'engager sur le long terme. Concevoir une réforme demande donc du temps, des espaces de négociation avec toutes les parties prenantes. C'est pourquoi il faut reconduire immédiatement et intégralement les modalités, conditions et plans de formation pour les lauréats des concours de 2010. Une réforme
de la formation des enseignants doit être conforme aux principes suivants :

*1*. Le recrutement des enseignants des 1^er et 2^nd degrés doit s'opérer systématiquement à travers des concours nationaux donnant lieu, pour les lauréats, à l'obtention d'un poste de fonctionnaire d'État.

*2*. Le recrutement des PLC certifiés, des PE et des PLP doit se réaliser au même niveau du cursus universitaire.

*3*. Un cadre national doit garantir l'unité des formations et la qualité des recrutements.

*4*. La formation initiale professionnelle et rémunérée après le concours, avec un statut de fonctionnaire stagiaire, doit avoir lieu sous la responsabilité des IUFM, écoles professionnelles
interuniversitaires, dont le potentiel actuel doit être préservé et renforcé. Durant l'année post-concours, la formation doit respecter l'équilibre suivant : 1/3 du temps pour la prise en charge de classes en responsabilité, 2/3 pour l'analyse de pratique et les autres modes de
formation.

*5*. Une formation des enseignants de qualité doit être une formation en alternance, mobilisant des équipes de formateurs pluricatégorielles.

*6*. La formation continue doit être d'emblée articulée au dispositif de formation initiale. Celle-ci doit comprendre aussi un accompagnement à l'entrée dans le métier.

*7*. Nous demandons une structure académique interuniversitaire pour la formation initiale, la formation continue et la recherche en éducation, intégrant le potentiel de formation et de recherche des IUFM et permettant de renforcer les coopérations entre les UFR et les IUFM dans les formations académiques et professionnelles.

*8*. Il faut développer la formation continue de tous les formateurs d'enseignants, quelle que soit leur catégorie.

*9*. Compte tenu des besoins actuels, il faut augmenter le nombre de postes mis au concours et assurer sa visibilité à moyen terme à travers un plan pluriannuel de recrutement.

*10*. Les étudiants se destinant aux métiers de l'enseignement doivent bénéficier d'allocations d'étude ou de dispositifs de prérecrutement.

*11*. Nous refusons la juxtaposition dans la même année du M2, des épreuves des concours, des stages en responsabilité, etc. qui en ferait une année ingérable, aboutirait à dévaloriser les masters et inciterait au bachotage.

*12*. Toute réforme doit aboutir à une véritable amélioration de la qualification professionnelle des enseignants.


*Le temps a manqué pour aborder les points suivants, sur lesquels il faudra approfondir la discussion :*

. La formation actuelle des enseignants à Bac + 5, dans le cadre universitaire, doit être reconnue par la délivrance d'un master.

. La revalorisation, qui doit bénéficier à l'ensemble des enseignants et des personnels, ne doit pas être dépendante de la réforme de la formation.

. Place des concours : L3, M1, M2, après M2 ?

. Modalités de financement des études : allocations d'étude, allocation de formation, prérecrutement...

. Articulation formation-recherche : initier tous les enseignants aux démarches de la recherche (scientifique, didactique et pédagogique) ; la formation prend appui sur les recherches.

. Possibilité de réorientation.

. Préprofessionnalisation en licence.



Motion type sur la note Hetzel :



Ce texte est proposé pour être voté dans toutes les instances qui ont trait à la formation des enseignants (jurys, Conseils d'université, UFR, collèges disciplinaires,...) avec les adaptations utiles.


NOUS REFUSONS DE METTRE EN OEUVRE LA NOTE HETZEL


Alors que le ministère de l'éducation nationale cherche à imposer ses projets de décrets modifiant le recrutement des enseignants, le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche anticipe sur leur publication avec la note de Patrick Hetzel, Directeur de la DGESIP,
sur la délivrance d'équivalences de M1 et de M2 aux candidats et lauréats des concours de recrutement de 2010, note qu'il a adressée le 5 juin aux présidents d'universités et aux recteurs.

Par delà les dispositions particulières envisagées par ce texte, il s'agit d'un viol de la légalité. Aucun texte réglementaire n'ayant été promulgué jusqu'à présent pour modifier le recrutement et la formation des enseignants, ce texte anticipe une réforme qui, pour l'instant, n'existe que sous forme de déclarations et de communiqués des ministres, mais n'a aucune existence juridique.

Nous refusons de contribuer, quelles qu'en soient les modalités, à l'application de la note Hetzel et à la définition des critères de délivrance des équivalences de M1 et M2.


Contacts CNFDE : cnfde at googlegroups.com
(liste de diffusion)

http://coordination-fde.org/

vendredi 5 juin 2009

Nouvelles d'ailleurs

Publié le jeudi 4 juin 2009 à 20H27

La délivrance des diplômes est bloquée à la faculté Saint-Jérôme (sciences et techniques) de l'université Marseille III, un quart des notes du second semestre étant retenu par des enseignants opposés à la réforme des université.

La direction de l'université Paul-Cézanne "met tout en oeuvre pour que ces notes soient communiquées le plus rapidement possible", a-t-elle indiqué aujourd'hui dans un communiqué. Un report de la session de rattrapage en septembre est envisagé pour les jurys bloqués.

"Les personnels en lutte sont toujours en grève administrative (rétention de notes et boycott des jurys) et sont toujours en désaccord majeur avec les réformes imposées à l'université et à l'éducation, ainsi qu'avec la méthode utilisée pour les imposer", a expliqué le comité de mobilisation de Saint-Jérôme.

La Provence

jeudi 4 juin 2009

CR 11éme CNU

11e Coordination nationale des universités

Paris 13 – Villetaneuse

La 11e Coordination nationale des Universités, qui s’est tenue le 3 juin 2009 à l’Université Paris 13, a rassemblé 31 établissements (universités et organismes) et 7 organisations (sociétés savantes, associations et syndicats). L’intervention d’une représentante de la coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité a permis de souligner la similitude entre les réformes qui affectent l’ensemble du service public, ainsi que la nécessité de renforcer la convergence des mobilisations.

Motion « Mastérisation »
Ignorant les oppositions fortes qui se sont exprimées depuis plusieurs mois, le gouvernement précipite son projet de réforme du recrutement et de la formation des enseignants du premier et du second degré. Se jouant de la commission de concertation Marois-Filâtre qu’il avait lui-même mise en place, il a fait adopter, dès le 28 mai, en Comité Technique Paritaire Ministériel de l’Éducation Nationale, un arsenal de décrets détaillant les dispositions transitoires et permanentes concernant les conditions de candidature aux concours et de nomination comme fonctionnaire stagiaire. Il rend caducs les travaux de la commission, en fixant de fait le calendrier des concours.

Ce nouveau manquement au processus démocratique de décision, inspiré par des stratégies cyniques, qui a entraîné les réactions indignées des syndicats, des collectifs, de la CNU, et même de la CPU et des directeurs des Écoles Normales Supérieures et des IUFM, montre que, pour cette réforme aussi, la volonté de concertation affichée par le gouvernement n’est qu’une façade.

Nous déplorons l’abstention de la FSU et du Syndicat Autonome, lors du Comité Technique Paritaire du 28 mai 2009. La CNU appelle à l’unanimité que tous les syndicats votent contre les décrets lors du Conseil Supérieur de la Fonction Publique d’État du 12 juin 2009.

Nous réaffirmons notre opposition à cette réforme qui entraîne notamment :
o l’affaiblissement de la formation disciplinaire et pédagogique des futurs enseignants ;
o la mise en danger des masters recherche dans la plupart des disciplines ;
o l’allongement d’un an de la formation non rémunérée des futurs enseignants ;
o la remise en cause du caractère national du recrutement par concours ;
o la création d’une catégorie des « reçus-collés » (étudiants qui auraient obtenu leur master mais échoué au concours), qui institutionnalisera la précarité, présageant du démantèlement du service public d’enseignement.

Nous appelons les personnels et les composantes à une réponse collective, en multipliant les points d’accord entre UFR et IUFM. Comme cette année, nous appelons à la non-remise des maquettes des masters “métiers de l’enseignement”. Forts de notre action commune, nous refusons de collaborer à cette réforme que nous jugeons néfaste pour l’avenir de l’éducation.

Motion « Statuts »
La Coordination Nationale des Universités (CNU) s’oppose à la destruction du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche par l’instauration d’une mise en concurrence des personnels de toutes catégories et des établissements d’éducation et de recherche, préjudiciable à l’action collective au service du savoir et des étudiants.

Elle récuse la réorganisation du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, l’introduction des règles de management issues du domaine privé et de critères de rentabilité dans l’enseignement supérieur et la recherche, la précarisation systématisée des doctorants par le contrat doctoral unique, la modulation des services instituée par le décret relatif au statut des enseignants-chercheurs, l’approche quantitative de l’activité de recherche, la modulation des rémunérations et les contrats d’objectifs imposés aux personnels BIATOSS et ITA, la multiplication croissante et chronophage des procédures bureaucratiques de contrôle et de demande de financement au détriment de l’activité de tous les personnels de l’Université et des organismes. La CNU dénonce la logique qui anime l’ensemble des réformes relatives aux statuts de la Fonction publique, dans un mépris total des principes qui régissent les biens publics, comme le savoir ou la santé.

La mission humaniste de l’enseignement supérieur et de la recherche réside dans l’élaboration de la connaissance et la transmission du savoir.

Cette mission est menacée par une définition du temps de travail des enseignants-chercheurs qui ignore délibérément le temps nécessairement consacré à la culture, à la réflexion et au renouvellement des savoirs disciplinaires. Elle nécessite une indépendance effective des enseignants-chercheurs, qui doivent pouvoir développer sereinement et librement leurs activités, sans être soumis à une logique productiviste dépourvue de sens en matière d’enseignement et de recherche. Son bon accomplissement est incompatible avec la possibilité d’augmenter les charges de service au détriment de l’activité de recherche, ainsi qu’avec l’évaluation de la recherche en termes de résultats quantitatifs.

La mission de service public est incompatible avec la vision purement économiste, baptisée « culture du résultat » et imposée à l’ensemble des personnels. Elle est en opposition avec une mission de service public rendu équitablement à tous. Dans un contexte de raréfaction budgétaire et de répartition des moyens à la performance et à l’activité, la mise en concurrence des agents et des services ne peut que nuire à l’égalité d’accès au savoir sur tout le territoire et à l’intégrité des services. La CNU dénonce plus largement les réformes coordonnées par la Révision Générale des Politiques Publiques, inspirées par une rentabilité à court terme indifférente aux enjeux de société.

En conséquence, la CNU continue d’exiger le retrait de l’ensemble des réformes destructrices de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle réclame l’abrogation de la loi LRU, des décrets relatifs au statut des enseignants-chercheurs, au contrat doctoral unique, au statut des fonctionnaires publics d’État et à la rémunération à la performance, la cessation du processus d’externalisation des tâches administratives et techniques, la restitution des postes supprimés en 2009 et une création massive d’emplois dans l’enseignement supérieur et la recherche publics.

Motion « Postes et Moyens »
L’annonce faite par Valérie Pécresse, le 26 mai dernier, de ne supprimer aucun emploi d’enseignant et/ou chercheur en 2010 et en 2011 dans les universités et dans les organismes de recherche ne constitue pas une réponse à la crise que traversent actuellement l’Université et la Recherche publiques, d’autant qu’elle a annoncé, à plusieurs reprises, que des postes de BIATOSS de catégorie C seraient, eux, supprimés. Par son refus de mettre en place un plan pluriannuel de création d’emplois et du fait des incertitudes qui continuent à peser sur le nouveau système d’allocation des moyens à la performance et à l’activité, le gouvernement marque sa volonté délibérée de poursuivre une politique qui vise à affaiblir l’Université, en l’appauvrissant. Il n’apporte pas plus de réponse sur la question de l’amélioration du statut étudiant, alors que les difficultés sociales et économiques constituent l’une des principales causes d’échec dans l’enseignement supérieur.

Seul un véritable engagement financier de l’État, en direction des établissements et des étudiants, est susceptible d’assurer le rattrapage des moyens alloués aux étudiants d’université, notoirement insuffisants par rapport aux autres filières de l’enseignement supérieur. De ce point de vue, la mise en place de prêts étudiants, l’augmentation des frais d’inscription ou le recours aux fonds privés, si souvent évoqués, ne sont que de fausses solutions, aussi dangereuses qu’inefficaces, qui ne feront qu’accroître les inégalités entre établissements et entre étudiants.

L’annonce du 26 mai 2009 ne met pas non plus un coup d’arrêt à la casse des organismes publics de recherche. En la matière, la communauté universitaire et scientifique s’alarme du mouvement de « désumérisation » qui affecte nombre d’unités mixtes de recherche (UMR) ; ce mouvement, qui se poursuit dans l’ombre, sans aucune transparence sur son ampleur et sur les critères de décision utilisés par l’administration, participe de l’affaiblissement du lien entre enseignement supérieur et recherche, qui a fait jusqu’à présent la force du système français. Il s’appuie sur une stratégie de division des différents acteurs de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, en promettant aux uns les dépouilles des autres. Nous savons que personne ne gagne à de tels calculs cyniques.

Notre détermination à défendre simultanément l’Université et les Organismes de recherche dans le cadre d’un service public de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, fondé sur les principes de laïcité et d’indépendance à l’égard des pouvoirs économiques, politiques et religieux, reste entière.

Motion « Actions »
Après 17 semaines de grève dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche, le gouvernement reste sourd aux revendications légitimes des personnels et des étudiants. Maniant la démagogie, les provocations, les menaces et la désinformation, il a instrumentalisé la question des examens et de la validation de l’année universitaire pour mieux occulter les revendications fondamentales de notre mouvement : la défense et le renforcement d’un véritable service public de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Nous avons démontré notre capacité à préserver les intérêts des étudiants d’aujourd’hui sans sacrifier les étudiants de demain.

Conscients de ces temporalités multiples et du caractère structurel des réformes qui nous sont imposées, nous sommes aujourd’hui plus déterminés que jamais à poursuivre notre combat dès maintenant et dans la durée.

Nous pouvons pour cela nous appuyer sur une conscience collective forte des enjeux, ainsi que sur des réseaux de solidarité qui se sont constitués depuis le début de notre mouvement aux échelles locales, académiques et nationales, et qui trouvent aujourd’hui des résonances au niveau européen.

Cette construction d’une identité collective, intercatégorielle et interdisciplinaire, dans nos pratiques pédagogiques et scientifiques et dans les actions et les débats de fond que nous menons, constitue de fait une salutaire réappropriation de l’Université. Elle s’élève déjà contre les logiques d’autoritarisme ministériel et de soumission aux forces économiques qui se cachent derrière la rhétorique de l’autonomie. Le mouvement continue !

La 11e CNU apporte son plein soutien à toutes les initiatives locales qui s’inscrivent dans notre combat collectif.

Par ailleurs, s’agissant de la mastérisation, elle appelle :
* la communauté universitaire à ne pas élaborer les maquettes et/ou à ne pas les faire remonter ;
* les syndicats à voter contre les décrets présentés au Conseil Supérieur de la Fonction Publique d’État du 12 juin 2009 et tous les membres de la Commission Marois-Filâtre à s’en retirer ;
* à diffuser auprès des enseignants du primaire et du secondaire une lettre ouverte, qui sera écrite par les porte-parole de la CNU.

S’agissant des statuts, elle appelle :
* à faire voter par les Conseils d’administration des établissements un engagement à ne pas mettre en place la modulation des services, les entretiens professionnels et les chaires d’excellence ; à signer la pétition ( http://www.jussieu.ras.eu.org/entretiens ) ;
* les membres du Conseil National des Universités à refuser de procéder à l’évaluation de leurs collègues dans le cadre de la modulation de service ;
* les personnels de toute catégorie à refuser de façon coordonnée tout travail supplémentaire non pris en considération, dès lors qu’il ne correspond pas à une décharge ou qu’il n’est pas rémunéré ;
* à refuser d’assurer les heures complémentaires au-delà de 192 heures équivalent TD ; à établir lors des pré-rentrées un bilan des postes manquants et de l’emploi précaire et à mener une campagne sur ce sujet ;
* à refuser les mesures régressives du nouveau contrat doctoral et à maintenir les tâches des doctorants dans les domaines exclusifs de la recherche et de l’enseignement.

Elle appelle en outre à participer à :
* la ronde infinie des obstinés de midi à minuit, organisée du 2 au 6 juin à Paris et en province.
* la Marche de tous les savoirs, à l’initiative de SLR, le 4 juin ;
* la 4e réunion de la Coordination nationale des BIATOSS et ITA et à la 4e réunion de la Coordination nationale de la Formation des Enseignants, le 6 juin ;
* une campagne de renvoi des bulletins de vote inutilisés aux candidats aux élections européennes, avec la mention « Universitaires en Colère », le 7 juin ;
* la 4e réunion de la Coordination nationale des Laboratoires en Lutte, le 9 juin ;
* la nuit des universités organisée à Paris 8 Vincennes—St-Denis, le 12 juin ;
* la manifestation unitaire à l’initiative des confédérations syndicales, le 13 juin ;
* la ronde des obstinés des 24h du Mans, le 13 juin ;
* la rencontre que la Coordination Nationale des Laboratoires en Lutte se propose d’organiser à Paris le 24 juin, à l’occasion de la tenue du Conseil d’administration du CNRS au CERN (Lausanne, Suisse) ;
* la distribution de tracts lors des épreuves du baccalauréat et lors des inscriptions des lauréats.

La Coordination Nationale des Universités invite l’ensemble de la communauté universitaire et scientifique à participer aux « Rencontres d’été de la CNU » que l’université Paris 7 organise les 27 et 28 juin 2009.

Enfin, les représentants des Universités, associations, sociétés savantes et syndicats réunis ce jour annoncent que la 12e réunion de la Coordination Nationale des Universités se tiendra le mercredi 30 septembre 2009 à l’Université Paris 8.
Autres actions envisagées
Tout en soutenant les collègues engagés dans diverses actions locales, comme les démissions des responsabilités administratives et pédagogiques, le refus de siéger dans les conseils, la rétention des notes et la non-tenue des jurys, la CNU appelle les personnels à :

- concernant la mastérisation :
o alerter les élus locaux et les inciter à prendre la défense du service public de l’enseignement ;
o sensibiliser les inspecteurs d’académie ;
o organiser des journées de discussion UFR-IUFM ;

- concernant les statuts :
o déposer des recours contre les décrets ;
o se positionner contre la modulation et les entretiens professionnels dans toutes les instances où ils peuvent siéger (Conseils de laboratoire et d’institut, Conseils d’administration, Comités Techniques Paritaires, Commissions Administratives Paritaires, Conseils d’UFR et de département…) ;
o demander tous une modulation à la baisse et à contester la décision en cas de refus, si l’établissement a mis en place des possibilités de modulation de service ;
o refuser la mise en place des entretiens professionnels au sein des établissements d’enseignement supérieur et de la recherche ;

- de façon plus générale :
o boycotter les jurys du bac ;
o boycotter la vague A des évaluations de l’AERES, en envoyant leur rapport à leur organisme de tutelle et non à l’AERES ;
o boycotter les expertises ANR et les appels d’offres ;
o exiger le report de l’examen par les Conseils d’administration du passage aux compétences élargies et à organiser des campagnes d’information préalables dans chaque établissement ; elle appelle les Conseils d’administration à refuser le passage aux compétences élargies ;
o organiser des consultations locales sur les réformes en cours et à en centraliser les résultats ;
o maintenir et développer les formes alternatives d’enseignement (cours ouverts, universités populaires…) comme forme de réappropriation des missions fondamentales de l’université ;
o demander aux présidents d’université de banaliser une demi-journée par semaine pour que la mobilisation puisse s’organiser et que puissent se tenir régulièrement des assemblées générales ;
o constituer un comité de solidarité et de veille sur la répression ;
o créer un réseau européen interuniversitaire ;
o signer la pétition « appel par anticipation à la démission de Claude Allègre de son nouveau poste de ministre »; (www.jussieu.ras.eu.org/allegre) ;
o participer aux « Quartiers d’été de l’Université » en organisant des actions à l’occasion des événements marquants de l’été (festivals, étapes du Tour de France, plages…).

mercredi 3 juin 2009

News

Il n'y a pas eu de nouvelles car je n'ai pas eu le temps de venir poster ici.

La faculté des Arts a été débloqué depuis l'Ag de Mardi.

vendredi 29 mai 2009

C'est reparti pour un tour !



La Ronde des obstinés lance un appel aux candidats aux européennes.

Depuis plus de quatre mois, l'université française connaît un mouvement d'une force et d'une durée sans précédent.
Non seulement le gouvernement refuse de nous entendre, mais il s'est efforcé, durant ces dernières semaines, de dépolitiser le débat, de le réduire à la question des validations d'examens, alors qu'il ignore avec constance la totalité de nos revendications, multipliant pressions, menaces, et parfois même actions répressives.
La Ronde infinie des obstinés lance donc un appel aux candidats aux élections européennes.

Rejoignez nous nombreux du 2 au 6 juin, de 12h à minuit
devant le Panthéon !


Nous sommes obstinés et notre vigilance, infinie.

jeudi 28 mai 2009

Infos

Oui, il y aura AG même s'il y a fermeture administrative.


News du Campus suite à l'AG du Jeudi 28 mai: déblocage et négociations de la plateforme de revendications internes.

mardi 26 mai 2009

Agenda

Arts:

- Bloqué

- Prochaine AG: Mardi 2Juin 12h

- Ag des EC: 10h


Campus:

- Débloqué puis rebloqué Mardi 26 Mai

- Prochaine AG: jeudi 12h


Mercredi 27 Mai:

15h: rdv place Gambetta pour manif de droite

Pensez à vous habiller bon chic bon genre (costumes et tailleurs)


Jeudi 28 Mai:

15h30: Operation saddam place Gambetta


Vendredi 29 Mai:

Journée continue rencontre avec Amiens nord (infos à venir)

Quelques liens

"Le mouvement dans les universités enterré un peu vite" : http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article2634

Et une motion sur l'université du conseil municipal d'Amiens (qui devrait donner des idées) : http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article2633