mercredi 8 avril 2009

Démissions administratives (suite)

UPJV Amiens le 3 avril 2009



Monsieur le Président,



Le fonctionnement administratif normal de toute Université repose sur l’investissement lourd et quotidien d’enseignants-chercheurs, qui assument des responsabilités administratives (direction, missions diverses au sein de l’université) en plus de leurs missions de formation et de recherche. Ce travail s’effectue avec la collaboration de personnels administratifs (BIATOSS) dont les carrières et les statuts sont également fortement menacés.


A l’Université Picardie Jules Verne, de nombreux enseignants-chercheurs ayant des responsabilités administratives ont décidé de DEMISSIONNER de ces fonctions.


Ces démissions concernent les directeurs de département, les directeurs des études, les présidents de jurys d’examen, les responsables d’années et toute autre fonction administrative (commissions, groupes de travail divers).


Cette action collective, appelée au plan national depuis plusieurs semaines, résulte de l’absence d’avancées significatives et de réelles négociations sur l’ensemble des points qui mobilisent la communauté universitaire aujourd’hui : la réforme du statut des enseignants-chercheurs, la formation et les concours des enseignants du premier et du second degré, les suppressions de postes programmées pour 2009 dans l’enseignement supérieur et la recherche, l’avenir des organismes publics de recherche et le projet de contrat doctoral.


Il s’agit pour nous de manifester, dans une action symbolique forte, notre détermination et notre engagement face à un gouvernement qui ne veut toujours pas entendre parler de négociations.


Alors nous le disons aujourd’hui solennellement à vous tous,


  • Parce que nous ne voulons pas d’une université où l’enseignement supérieur et la recherche devraient se soumettre à des principes uniquement financiers et s’adapter à la seule demande économique et sociale,


  • Parce que nous ne voulons pas d’une autonomie qui enserre et étouffe l’université et les étudiants qui la composent par des budgets de plus en plus insuffisants, par une réduction des postes et une précarisation des emplois à tous les niveaux, biatoss, doctorants, enseignants et chercheurs,


  • Parce que nous souhaitons pour les futurs enseignants de notre pays et pour les élèves qu’ils auront tout au long de leur carrière, une véritable formation qui s’appuie à la fois sur une connaissance approfondie des disciplines enseignées et sur une formation pédagogique encadrée et de qualité,


  • Parce que nous sommes mobilisés pour une autre réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche, où le lien entre enseignement et recherche soit renforcé,



Nous avons l’honneur de vous remettre aujourd’hui nos démissions des charges administratives qui sont les nôtres.


Sont démissionnaires : à ce jour, 75 collègues de l’Université ont formellement démissionné de leurs 127 responsabilités administratives.


Faculté des Arts

  • Françoise Coblence, Responsable du master I d'arts plastiques, Présidente du jury du master I d'arts plastiques, membre du jury de licence II,

  • Fabienne Costa, Présidente du jury de licence II (cinéma), Responsable des études, option cinéma, licence I et licence III,

  • Miguel Egana, Responsable du diplôme de licence, Responsable de la licence III, membre du jury de licence II et de master II,

  • Boris Eizykman, Responsable du département d’arts plastiques, Responsable de la première année de licence, Président du jury de licence I, membre du jury de licence III,

  • Bertrand Gervais, Membre du jury de licence I,

  • Jérome Hankins, Responsable du département des Arts du spectacle, Président de jury (théâtre),

  • Daniel Lé, Membre du jury de licence II,

  • Fabien Lerat, Membre du jury de licence I,

  • Françoise Parfait, Responsable du diplôme de master, Présidente du
    jury de master II,

  • Denis Pondruel, membre du jury de licence II,

  • Marie-Domitille Porcheron, Présidente des jurys d’année et de diplôme de licence I histoire de l’art, Responsable de la licence I histoire de l’art, Co-responsable du Master II professionnel « Régie et montage d’expositions », Référente des tuteurs d’Histoire de l’art pour le plan réussite en licence,

  • Denis Pouppeville, Membre du jury de licence I,

  • Grégoire Quenault, Responsable de la licence II études cinématographiques, membre du jury de la licence III,

  • Ghislaine Vappereau, membre du jury de licence III

  • Éric Valette, Président du jury de licence II, membre des jurys de licence I, III et de master I,

  • Caroline Zéau, Présidente du jury de licence I (cinéma).


Faculté de droit et de science politique

- Myriam Bachir, Responsable du master II Evaluation des politiques publiques,

- Ségolène Barbou des Places, Directrice du CRUCE, Responsable du master I droit, Responsable du master II Europe et international,

- Emmanuelle Casenove, Co-responsable du master II Europe et International,

membre du jury de validation des acquis de l'expérience,

- Jean Delattre, Responsable du master I de droit des affaires,

- Delphine Cocteau-Senn, Responsable du master I droit privé,

- Muriel de l’Ecotais, Responsable du master I Europe et International,

- Julien Frétel, Responsable de la licence I droit et science politique,

- François Hénot, Président du jury de validation des acquis de l'expérience, Coordinateur du module "sensibilisation au monde du travail", suppléant de la Commission d'inscription sur la liste des commissaires aux comptes auprès de la Cour d'Appel d'Amiens,

  • Florence Jamay, Responsable du master I et II Expertise foncière, Responsable du master I Administration territoriale,

  • José Lefebvre, Membre titulaire de la Commission régionale d’inscription et de la Chambre régionale de discipline des commissaires aux comptes du ressort de la Cour d’appel d’Amiens, Membre suppléant du Conseil d’administration du Centre de formation professionnelle notariale de Lille, Responsable de la mise en place d'une licence notariale, membre du conseil de laboratoire du CEPRISCA,

- Patrick Lehingue, Responsable du master I administration publique (IPAG), Responsable du master II Savoirs et pratiques du politique, membre du bureau école doctorale SHS,

- Sabine Rozier, Responsable du master I Science politique,

- Enzo Traverso, Responsable de la licence III science politique,

- Valérie Varnerot, Responsable de la licence III droit privé.


Faculté d’ économie et de gestion

  • Christian Azaïs, Co-responsable de la licence professionnelle Assistant Export PME-PMI,

  • Jean-Louis GIRARD, Responsable du master Territoires, Développement, Entreprenariat et Solidarités (TEDS),

  • Lyazid Kichou, Responsable de licence, Président du jury de la licence III.


Faculté de sciences humaines et sociales

Département de philosophie

  • Laurent Perreau, Responsable du département de Philosophie, Responsable de la Licence, Président du jury de Licence,

  • Gabrielle Radica, Responsable de la préparation au concours d'agrégation de
    philosophie et de la licence I de philosophie.


Département de psychologie

  • Philippe Spoljar, Responsable du département de psychologie,

  • Jacqueline Finkelstein, Responsable de la licence I de psychologie,

  • Marie-Hélène Hubin-Gayte, Membre de la commission de validation d'études et acquis de l'expérience du département de psychologie,

  • Poly Langa, Responsable de licence II de psychologie,

  • Béatrice Madiot, Membre de la commission de validation d'études et acquis de
    l'expérience du département de psychologie,

  • Olga Megalakaki, Responsable du diplôme de licence de psychologie,

  • Olivier Nicolle, Membre de la commission de validation d'études et acquis de
    l'expérience du département de psychologie,

  • Véronique Quaglino, Responsable du master PHD/parcours neuropsychologie, Responsable du diplôme universitaire « Evaluation et prise en charge des troubles des fonctions cognitives »,

  • Patrick Scharnitzky, Responsable de la Bibliothèque de Section psychologie.


Département de sciences de l’éducation

  • Frédéric Charles, Responsable du département Sciences de l’Éducation,

  • Christine Berzin, Responsable du DUFA et du DURF,

  • Bernard Champaloux, Responsable de la licence III sciences sanitaires et sociales,

  • Bertrand Geay, Responsable du master I philosophie et sciences de l’éducation,

  • Térésa Longo, Responsable des stages de licence,

  • Nathalie Oria, Responsable DEUST/DU MECES, Membre du jury de la licence III sciences de l’éducation,

  • Fabienne Maillard, Responsable, du département Sciences de l’Éducation, Responsable du master professionnel « ingénierie de la formation d’adultes »,

  • Arlette Meunier, Responsable de la filière sciences sanitaires et
    sociales, Présidente du jury sciences sanitaires et sociales,

  • Sophie Richardot, Responsable de la licence sciences de l’éducation,

  • Claude Thiaudère, Responsable du master sciences sanitaires et sociales.


Département de sociologie

  • Denis Blot, Responsable du master II professionnel « développement social », Président de la commission d'évaluation des enseignements de Licence,

  • Patricia Bouhnik, Responsable de la licence II de sociologie, Présidente du jury de la Licence II de sociologie,

  • Stephen Bouquin, Responsable du master II professionnels « Conseil en organisation et conduite des innovations technologiques et sociales » (COCITS), Responsable du jury de ce master,

  • Sylvia Girel, Responsable de la licence I, Présidente de jury de la licence I,

  • Frédéric Lebaron, Responsable du master, Co-responsable du Master II Ethnographie et science de l'enquête,

  • Nathalie Le Bouteillec, Responsable de la licence III, Présidente du jury de licence III,

  • Bertrand Masquelier, Responsable du master I sociologie, Président du jury du master I sociologie, Co-responsable du master II recherche Ethnographie et science de l'enquête.


Faculté de Langues

  • Charlotte Coffin, Responsable de la coordination des programmes de littérature en licence d'anglais,

  • Claudia Krebs, Responsable des échanges Erasmus, Responsable des assistants de langue au sein du département d’Allemand,

  • Philippe Reynés, Responsable du site web du département d'études ibériques et ibéro-américaines, Enseignant référent en licence I.


Faculté de Lettres

  • Sylviane Albertan-Coppola, Responsable du département de lettres modernes (organisation des services), Membre des jurys de licence III et Master au 1er semestre, S6 et Master au second semestre, Responsable de l'agrégation externe de lettres modernes,

  • Carlo Arcuri, Vice-président du jury de licence professionnelle, membre du jury d'examen de licence II,

  • Jean-Michel Eloy, Président du jury du semestre 5 de la licence III dans le parcours sciences du langage/Lettres, membre du jury de master I en sciences du langage, membre du jury de master II en Sciences du langage,

  • Catherine Grall, Vice-présidente du jury de licence I,

  • Virginie Hyppolite, Vice-présidente du jury en communication-médias de licence III,

  • Olivier Kachler, Vice-président du jury de licence II,

  • Christian Michel, Responsable de la section de Littérature générale et comparée,

  • Sylvie Perceau, Responsable de la section de Grec, Présidente du jury de la licence II parcours Culture classique, Vice-présidente du jury de la licence III parcours Culture classique, Membre du jury de master I Littérature antique, moderne et comparée,

  • Christophe Reffait, Président de jury de la licence I premier et second semestre,

  • Christophe Rey, Vice-président du jury des sciences du langage de la licence II,

  • Luc Ruiz, Président du jury en sciences du langage de la licence II pour les semestres 3 et 4

  • Malika Temmar, Présidente du jury en communication-médias de licence III pour les semestres 5 et 6, Vice-présidente du jury en sciences du langage pour le semestre 6.


Faculté d’histoire et de géographie

- Pascal Montaubin, Président du jury de la licence II d’histoire de licence



Faculté des sciences

Département de mathématiques

  • Jean-Luc Chabert, Responsable du Master I Mathématiques




mardi 7 avril 2009

Résultat vote electronique

_FACULTé DES ARTS :_
704 inscrits
72 votants, soit 10.23 %

Ne prend part au vote : 0
Abstention : 4, soit 5.56 %
Oui : 36, soit 50 %
Non : 32, soit 44.44 %

_CAMPUS :_
4 465 inscrits
772 votants, soit 17.29 %

Ne prend part au vote : 8, soit 1.04 %
Abstention : 51, soit 6.61 %
Oui : 479, soit 62.05 %
Non : 234, soit 30.31 %

_PôLE SCIENCES :_
2 596 inscrits
352 votants, soit 13.56 %

Ne prend part au vote : 7, soit 1.99%
Abstention : 20, soit 5.68 %
Oui : 230, soit 65.34 %
Non : 95, soit 26.99 %

CR AG

Arts:
Occupation, grève reconduite.
Prochaine AG Jeudi 12h

Campus:
bloqué
Prochaine AG jeudi également je pense a 12h

Sciences:
bloquée
Prochaine AG jeudi aussi 12h

Cathédrale:
AG mardi 12h ou 12h30



Concernant le vote électronique, 10% de l'UPJV a voté. Je vous communiquerai les résultats exacts lorsque je les aurais.

dimanche 5 avril 2009

Agenda

Agenda approximatif en attendant les infos de la coord:



Lundi :
- AG :
12h Art et campus
12h15 sciences
- 19h : Préformation pénale, en science, chaque pôle envoi au minimum 1 ou 2 délégués.
- 21h : Manif nocturne, RDV fac de sciences


Mardi :
- 11h30 : AG des personnels en plein air place Gambetta
- 12h-12h30: AG au pôle cathédrale
- 13h: Banquet republicain ("pique nique", chacun apporte quelque chose à partager)
- 14h Lectures philosophiques de circonstance, ronde des obstinés + opération
hécatombe.


Mercredi :
- 6h30: Péage gratuit, rdv en fac d'art (LES CAISSES SONT VIDES !!!)
- 13h: Rassemblement devant le Palais de justice (contre le délit de solidarité
organisé par RESF)
-14h: Départ en manif (de la maternel à l'université) du palais de justice
-21h: Concert au campus

Jeudi :
-Voir pour les AG dans chaque pôle
12h Arts
Campus?
Sciences?
- A partir de 15h et jusque dans la soirée, le FECR (festival étudiant contre le racisme)
- 18h: comité interpole au campus


Vendredi :
- 14h: coord locale en art

vendredi 3 avril 2009

Démissions administratives

Les enseignants chercheurs ont remis solennellement leurs démissions administratives au président de l'UPJV

http://www.courrier-picard.fr/courrier/Picardie-Express/Les-profs-remettent-leur-demission

http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Universite-les-profs-durcissent-leur-action

Université: Le point de non retour

01 Avril 2009 Par

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Laurent Bouvet
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Laurent Bouvet

Après deux mois de conflit entre le gouvernement et la communauté universitaire, le fossé de l’incompréhension s’est creusé. Aujourd’hui, le point de non retour semble atteint tant le gouvernement refuse de discuter, au fond, des revendications des universitaires et des chercheurs. Il se contente concessions marginales, de façade, afin de tenter de mettre en difficulté un mouvement inédit par son ampleur et sa durée devant l’opinion publique. Face à ce refus du dialogue, le mouvement se radicalise, non seulement à travers ses modes d’action mais surtout l’approfondissement de ses revendications elles-mêmes : la remise à plat de l’ensemble du système universitaire et de recherche. A l’occasion de cette mobilisation, c’est toute l’université française qui s’est levée pour prendre, pour la première fois depuis bien longtemps, la parole et dire ses maux et ses difficultés. C’est l’université tout entière qui a porté sur la place publique ce qui est vécu depuis tant d’années à l’abri des murs des campus : le manque criant de moyens face à la massification de l’enseignement supérieur, la dégradation du statut d’universitaire dans la société, l’impossibilité de tenir décemment son rang face aux collègues et établissements étrangers, la surcharge croissante due à de tâches administratives en tout genre alors que les universitaires sont statutairement des « enseignants-chercheurs », etc.
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Le pari hasardeux du gouvernement

Alors que le gouvernement parie désormais sur la conscience professionnelle des enseignants-chercheurs afin que l’année universitaire ne soit pas définitivement compromise à l’approche de la fin du second semestre de cours, la mobilisation ne faiblit pas malgré quelques apparences trompeuses que s’empressent de relayer les médias. La radicalisation du mouvement (occupation de plus en plus fréquente des bâtiments, allongement de la liste des revendications…) n’est finalement que le sommet émergé de l’iceberg de la détermination des universitaires et des chercheurs face au mépris et aux attaques dont ils ont fait l’objet depuis des semaines tant de la part du gouvernement que des médias qui ont complaisamment relayé son discours. Les quelques concessions mineures faites par les deux ministres en cause (Valérie Pécresse sur le statut des universitaires et Xavier Darcos sur la « mastérisation » de la formation des maîtres) n’ont pas permis d’éteindre l’incendie. Elles ont plutôt renforcé le sentiment de se trouver face à un pouvoir à la fois totalement dépassé par les événements et crispé sur son vade-mecumidéologique.

On mentionnera simplement ici, pour mémoire, car ce n’est déjà plus le sujet, la gestion calamiteuse de la crise par le gouvernement : refus d’ouvrir des discussions face aux premières contestations des mesures annoncées, provocations du Président de la République lui-même (discours du 22 janvier) alors que la tension montait, cafouillage ministériel (annonces contradictoires, nomination de médiateurs…), etc. Bref, tout semble avoir été fait pour laisser la situation se dégrader et la mobilisation se durcir, comme à dessein. Nombre d’universitaires, dont les témoignages abondent dans ce sens depuis deux mois, ont été frappés non seulement par le manque de considération à leur égard mais encore par le fait qu’on les traite à la manière d’une corporation égoïste, arc-boutée sur ses « privilèges », facilement achetable avec quelques colifichets (augmentation des primes individuelles, accélération de quelques échelons de leur carrière, élargissement des contingents de promotion…) ; rien en revanche sur la réalité du travail universitaire au quotidien, sur l’alourdissement des charges administratives et d’encadrement des étudiants par exemple. Le gouvernement a tenté d’imposer aux universitaires des réformes dont ils ne voulaient pas parce qu’elles ne correspondent tout simplement pas à la réalité de leur métier ; et il a refusé de répondre à leurs demandes concrètes et précises tant sur le financement que sur les réformes nécessaires et utiles du système actuel.

Les médias ont, dans leur grande majorité, adopté une posture crypto-poujadiste qui les déshonore en choisissant de stigmatiser universitaires et chercheurs sur leur prétendu refus d’être évalués ou encore en amplifiant l’antienne gouvernementale et présidentielle sur les fonctionnaires fainéants, surpayés et improductifs. Qu’il s’agisse d’un choix éditorial délibéré ou d’un réflexe de soumission au pouvoir, on peut considérer ce traitement médiatique comme tout à fait étonnant quand on sait la manière dont les journalistes sont considérés et traités par ce même pouvoir ! Le seul élément de consolation en la matière vient de ce que « l’opinion publique » – celle-là même que des médias aux ordres tentent visiblement d’amadouer – ne leur fait plus aucun crédit quand elle n’abandonne pas tout simplement leur fréquentation.

La prise de conscience du « corps universitaire »

Plus profondément, ce que ni les médias ni le gouvernement n’ont vu ou voulu voir à l’occasion du mouvement universitaire des dernières semaines, c’est que pour la première fois depuis bien longtemps – sans doute 1968 – l’université française s’interroge sur elle-même. Au travers des formes les plus variées de cette mobilisation, à travers le dialogue jamais rompu avec les étudiants dans les amphis et les salles de cours, c’est tout l’université qui débat de son rôle, de son utilité et de ses formes institutionnelles, et ce bien au-delà des revendications plus traditionnelles et légitimes sur les moyens dont elle est privée depuis des décennies ou sur le statut de tel ou tel. Pour la première fois dans la carrière de l’immense majorité du « corps universitaire » (Vincent Descombes), c’est l’occasion d’une prise de conscience. Pour la première fois aussi, une mise à plat de tout ce qui ne va pas est devenue possible.

C’est le gouvernement lui-même qui par son manque de vision d’ensemble, sa méconnaissance de la réalité universitaire et son aveuglement face à des revendications immédiatement disqualifiées comme corporatistes, a conduit à cette mise à jour à la fois collective et chez chacun des membres de ce corps commun auquel pour la première fois beaucoup ont pu se sentir pleinement appartenir. En cela, le gouvernement a à la fois réussi quelque chose d’inédit et totalement échoué par rapport à ses intentions.

C’est en raison de ce mouvement profond qu’aujourd’hui, ce n’est plus telle ou telle réforme qui est contestée dans son contenu mais l’inspiration générale de toutes les réformes imposées par le gouvernement. Ce ne sont plus seulement les modalités d’application de la loi LRU qui sont en cause mais la loi elle-même. Le gouvernement et les présidents d’université qui l’ont co-écrite n’ont finalement fait qu’aggraver la situation antérieure sans résoudre aucun des problèmes structurels posés à l’université. Ils ont construit cette loi sur deux erreurs fondamentales : prétendre donner l’autonomie aux universités alors que les pouvoirs ont été concentrés dans les mains des seuls présidents ; être dans son principe même la déclinaison d’une forme d’idéologie qui ne dit jamais son nom, celle de la « nouvelle gestion publique » (New Public Management). Bref, cette loi est née de la rencontre d’une volonté de concentration des pouvoirs qui ne peut conduire qu’à une forme d’autoritarisme bureaucratique et de l’aspiration à un managérialisme dont le seul propos est finalement de réduire à tout prix le coût du service rendu au public sans se préoccuper un seul instant de sa qualité.

Si la loi LRU avait bel et bien été dénoncée comme telle lors de son adoption au cœur de l’été 2007 – à l’abri des regards universitaires et étudiants… –, si certains ont immédiatement vu qu’elle entraînerait tout le système à la fois dans l’abîme bureaucratique et dans les affres du pouvoir personnel, il a néanmoins fallu attendre son entrée en vigueur début 2009 dans une vingtaine d’universités et surtout d’en mesurer les conséquences directes sur les universitaires (définition du métier, service d’enseignement, carrière, évaluation…) puis son accompagnement budgétaire pour que chacun prenne conscience de l’ampleur du changement qu’elle induit et des risques qu’elle comporte. Le cœur du problème soulevé par cette loi a pu enfin être mis à jour. La loi LRU est une conséquence directe, appliquée à l’université, de la mise en œuvre denouvelles règles de gestion publique (LOLF, RGPP...) qui au prétexte d’une meilleure efficacité de l’administration et du service public suivant des principes issus du management privé, conduisent essentiellement à des économies d'emplois. Or, il y a là, concernant l’enseignement supérieur et la recherche, un paradoxe qui est à l’origine de l’incompréhension fondamentale entre gouvernement et universitaires : comment en effet prétendre d’un côté que l’on veut faire entrer la France dans la désormais fameuse « société de la connaissance et de la l’innovation » tant vantée par l’Union européenne tout en refusant de mettre les moyens suffisants – et de les mettre là où ceux qui connaissent leur métier le demande – susceptibles de répondre à l’exigence que l’on s’est ainsi soi-même fixée ?

Sortie de crise ?

Le seul débouché réel, c’est-à-dire politique et viable à long terme, de la crise actuelle, est d’accepter de remettre à plat l’ensemble des réformes entreprises ces dernières années pour ouvrir une discussion générale, un débat public devant l’ensemble des Français, sur l’enseignement supérieur et la recherche : quel système d’ensemble voulons-nous ? Pour quels objectifs ? Avec quels moyens ? A quelle échéance ? C’est le prix, élevé, que devra payer le gouvernement pour son incurie et sa dérive idéologique. Mais c’est aussi une chance incroyable pour la société française : pouvoir enfin débattre de son avenir et des conditions dans lesquelles elle veut l’aborder. La « sortie de crise » dont on parle tant aujourd’hui à propos de l’économie mondiale passe aussi par une place plus grande accordée en France à l’enseignement supérieur et la recherche.

Reaction aux violences policières

« La Fédération de la Somme de la Ligue des Droits de l’Homme et du citoyen (LDH), ayant eu connaissance de l’arrestation d’une douzaine d’étudiants dans la nuit du 1 au 2 avril, six d’entre eux étant toujours en garde à vue au Poste de police d’Amiens, souhaite réagir, comme elle l’avait fait en décembre 2008 pour dénoncer une répression envers des lycéens.


Attachée à l’expression pacifique, la LDH en appelle au dialogue entre les protagonistes concernés et ne saurait accepter que la force soit employée, fut-ce par les pouvoirs publics, pour empêcher toute expression démocratique.

Le nouveau Préfet de la Somme craindrait-il de subir le même sort que le Préfet de la Manche ? L’intolérance présidentielle de toute manifestation de désaccord avec la politique menée inciterait-elle certains Préfets à un zèle excessif, où la démesure l’emporterait sur la pondération et le discernement ?

En aucun cas, les étudiants, dont l’inquiétude est légitime, ne sauraient être les boucs émissaires d’un pouvoir de plus en plus répressif, sur le plan social et sociétal.

Quand en réponse aux traces d’une peinture délébile qui ont maculé la Préfecture est déployée une charge des forces de l’ordre (ou aux ordres) sur de jeunes étudiants venus soutenir trois de leurs camarades emmenés sans ménagement au Poste de police, nous sommes bel et bien dans le règne (sic) de la démesure.


La LDH informe qu'elle va rester vigilante à la suite qui sera donnée à cette forme de répression, à l’instant même où Amnesty International publie un rapport dénonçant que certains représentants des forces de l’ordre seraient au dessus des lois ».

Vote electronique

http://www.courrier-picard.fr/courrier/Picardie-Express/Les-etudiants-aux-urnes

http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Universite-les-profs-durcissent-leur-action/Vote-sur-le-blocage


¤ Pourquoi les étudiants doivent refuser la tenue du "référendum" électronique par Internet ? ¤


I/ Les Caractéristiques d’un vote démocratique

Selon les Nations Unies, dans la Déclaration Universelle des droits de l’Homme de 1948 (article 21) :
« La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote. »

Pour l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), dans son manuel d’observation des élections :
« Le concept d’élections honnêtes suppose que le processus électoral se déroule dans la transparence et conformément à l’obligation de rendre des comptes et que l’électorat soit en mesure de faire un choix réel et informé, — ces conditions assurant la confiance des électeurs dans le processus électoral. »

Ces déclarations mettent l’accent sur plusieurs caractéristiques essentielles (mais non suffisantes) que doivent respecter des suffrages démocratiques. Ces caractéristiques (élections honnêtes, suffrage universel, liberté du vote, transparence, etc.) peuvent être exprimées plus clairement sous forme de concepts.

Cinq d’entre eux focalisent notre attention :
¤ transparence : chaque citoyen a le droit et la possibilité effective de contrôler toutes les étapes d’un scrutin,
¤ unicité : un vote par citoyen,
¤ confidentialité : chaque citoyen peut effectuer son choix en secret,
¤ anonymat : il est impossible de relier un bulletin au citoyen qui l’a choisi,
¤ sincérité : les résultats du scrutin reflètent fidèlement la volonté des citoyens.

Du respect de ces principes en toutes circonstances découle la confiance des votants dans le système électoral. Cette confiance est d’autant plus forte qu’elle est fondée sur le contrôle effectif et direct de la sincérité du scrutin. C’est la transparence qui permet à chaque votant de participer à l’observation pendant la journée, puis d’assister au dépouillement public, voire d’y prendre part, sans avoir à prévenir quiconque ou à demander une autorisation.
Le caractère direct de ce contrôle est essentiel.

Dans le cas contraire où il n’y a pas de transparence directe, et où l’organisation des élections sont exclusivement déléguées à certains (juges, maires, délégués munis de mandats spéciaux...), les simples citoyens ne jouissent plus d’aucun pouvoir, notamment pendant les scrutins (ils ne font pas partie de ceux qui ont le droit de contrôler les votes).

La procédure de vote par internet ne disposant pas de modèles organisationnels, légaux et technologiques définis par des standards et des normes internationales, elle ne se déroule pas toujours exactement de manière identique. Voici cependant le schéma général qui est suivi dans ses grandes lignes par les procédures usuelles de vote par internet dites sécurisées.

Les étudiants se connectent sur un site officiel de vote depuis n’importe quel ordinateur relié au réseau internet comportant un navigateur compatible avec l’application de vote s’exécutant sur le site officiel. Ils doivent alors s’identifier (donner leur identité) et s’authentifier (prouver leur identité), avant de voter. Un serveur recueille les votes et les stocke jusqu’à la clôture du scrutin. Il produit les résultats du vote à la clôture du scrutin.
Comme tous les votants ne disposent pas d’un ordinateur connecté à Internet, ce mode de vote doit être toujours mis en place en supplément de la procédure traditionnelle de vote.


II/ Les carences démocratiques du vote par Internet

¤ La confidentialité
Comme on peut voter depuis n’importe quel ordinateur, la question de la confidentialité est épineuse. S’assurer qu’il n’y a pas d’usurpation d’identité, que le citoyen est seul devant l’ordinateur et qu’il n’est soumis à aucune pression (qu’il s’agisse de pressions familiales ou d’achat/vente de vote) reste un problème insoluble.

¤ L'anonymat
Coté serveur, il est délicat de garantir l’anonymat puisque chaque bulletin voyage accompagné de l’identité du votant et que ces informations parviennent ensemble sur un premier serveur de vote.

¤ La transparence et la confiance
Comme pour les ordinateurs de vote, la transparence directe ne peut être effectivement mise en place car les bulletins de vote sont dématérialisés. L’urne, les bulletins, le cahier d’émargement sont remplacés par un dispositif qui «mime» l’existence de ces objets. Le processus de vote est ainsi déplacé du monde réel, dont l’expérience est à la portée de la majorité des citoyens, vers un monde virtuel où les constats effectués directement à travers nos perceptions (la vue, le toucher, etc.) ne s’appliquent pas.

Alors que dans le monde réel il est impossible de modifier ce qui est inscrit sur un bulletin enfermé dans une enveloppe scellée, dans le monde virtuel cette opération est faisable et même facile, elle peut porter sur un nombre important de votes, se dérouler en un instant et rester dissimulée lors des tests ou des expertises.

Alors que dans le monde réel la vacuité de l’urne peut être vérifiée visuellement (car l’urne est obligatoirement transparente) et même tactilement, il apparaît peu vraisemblable de prétendre vérifier qu’une «urne électronique» est vide en se fiant au seul affichage produit par un ordinateur.


III/ Les failles techniques du vote par Internet

Les fraudes ou malveillances internes peuvent être menées par une ou plusieurs personnes impliquées dans l’organisation du vote. Il peut s’agir d’un programmeur, d’un technicien chargé de la maintenance et des mises à jour, ou de toute personne ayant un accès physique ou logique au serveur.

Ces attaques sont les plus graves car elles sont faciles à mener, elles peuvent concerner un nombre de votes plus important que les attaques externes et rester complètement invisibles.
Il faut rappeler que le vote par internet fait partie du vote électronique et souffre des mêmes vulnérabilités et déficiences déjà constatées pour les ordinateurs de vote qui enregistrent les votes uniquement sur support électronique. En particulier, il est impossible d’être certain que les programmes s’exécutent exactement comme spécifiés. Il peut exister des autorités de certification mais elles n’ont pas la capacité de vérifier les programmes d’un serveur de vote, y compris en cours de vote, avec suffisamment de moyens et d’attention pour détecter toutes les erreurs, tentatives de fraudes internes et failles de sécurité.

Même les équipes de programmeurs au plus haut niveau international (qui travaillent dans le domaine de l’aérospatial) laissent passer des erreurs d’origine humaine. De plus, un examen très poussé ne peut être réalisé en quelques jours et nécessiterait plusieurs mois d’études de très haut niveau.

Pourtant, le risque de fraude interne est plus important que le risque de fraude externe car il est techniquement plus facile à mettre en place : il s’agit de personnes et de traitements automatisés ayant accès aux machines, aux mots de passe, et qui peuvent modifier furtivement l’exécution de programmes à l’insu de tous.

Enfin, centraliser les registres d’émargement facilite le bourrage d’urnes à grande échelle : un programme frauduleux peut générer les votes de nombreux étudiants abstentionnistes dans les derniers instants de la période de vote. Ce risque ne peut être maîtrisé par une surveillance du taux de participation (on a observé que les sites de vote connaissent des pics de fréquentation dans les derniers instants) et il ne peut être jugulé par un contrôle des votants (même si quelques étudiants découvrent qu’un vote a été enregistré à leur nom, alors qu’ils n’ont pas voté, leur parole sera mise en doute car il leur sera impossible de prouver qu’ils n’ont pas voté).

Manif nocturne et Arrestations musclées


http://nord-pas-de-calais-picardie.france3.fr/info/53107262-fr.php


http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Jets-de-peinture-sur-la-prefecture-six-etudiants-gardes-a-vue

Voici le déroulement des événements:

La manifestation nocturne s'est déroulée dans un esprit festi avec son et lumière. (avec la présence de France 3 pour couvrir l'événement)

http://jt.france3.fr/player/regions/?id=c80a_1214part1

Puis nous nous sommes dirigés dans la rue de la préfecture et certains ont lancés des ballons de gouaches et d'eau sur le batiment. Personne n'a été interpellé tout de suite car nous étions trop nombreux (environ 200 manifestants)

Certains étaient contre le fait de faire cette action mais nous sommes restés en groupe.
Cette action est contestable, mais elle a eu lieu et nous l'assumons. Deux personnes ont donc été arrêtées pour avoir lancé ces ballons une fois qu'ils avaient quitté la manifestation. La police en avait repéré quelques uns et suivi jusque la fin.


Lorsque les autres manifestants ont appris ces arrestations, la décision a été prise d'aller devant l'hôtel de police pour soutenir les étudiants interpellés et prendre de leurs nouvelles. Ceci s'est effectué sans aucune violence et sans aucun jet de peinture ou de quelconque autre objet.

C'est alors que la police a lancé les bombes aux poivres, un étudiant a relancé une bombe vers les forces de l'ordre. Les manifestants se sont dispersés. Des agents de la BAC sans brassards ont alors interpelé de façon extrêmement violente l'étudiant qui avait relancé la bombe, une fois à terre il a été roué de coups de pieds. Des étudiants se sont couchés sur lui pour le protéger. Il a été placé en garde à vue pour violence sur agent avec arme et deux des étudiants qui ont tenté de le protéger ont été placé en garde à vue pour rébellion.

Les étudiants ont agit en sachant ce qu'ils risquaient, c'est à dire une interpellation pour dégradation de biens publics. Mais les méthodes d'interpellation extrêmement violentes employées sont abusées. Les forces de l'ordre doivent dans ce genre de situations éviter d'envenimer la situation pour veiller au maintient de l'ordre public qui paraît si cher à certain. Cette démonstration de force qui n'avait pour but que de nous faire peur et de nous pousser à la violence est révoltante, les méthodes d'interpellation sont disproportionnées. La répression par la BAC est un abus de pouvoir scandaleux.
Peinture vs matraques, lacrymo et coup de rangers.... ça ne vous choque pas ????

Jeudi a donc été pour nous une journée d'action contre la violence policière démesurée par rapport à une manifestation pacifique avec un rassemblement toute la matinée devant l'hotel de police pour soutenir nos camarades arretés.


http://jt.france3.fr/player/regions/?id=c80a_1920

Les étudiants ont été libérés vers 13h ce jeudi sans plaintes contre eux.

mercredi 1 avril 2009

Agenda

Mercredi 1 avril
21h manif nocturne Cathédrale


Jeudi 2 avril
Manif Paris
rdv 11h pour train 12H13 manif Paris rdv picard 14H30

place Sorbonne coté bd St Michel


Vendredi 3 avril
Démissions administratives
rdv 9h30 devant la presidence


Mardi 7 avril

AG des personnels
11H30 place Gambetta 13h Banquet republicain (apporter de quoi dejeuner) 14h lectures philosophiques de circonstances, ronde,...