dimanche 10 mai 2009
Le gouvernement "rétablira l'ordre" dans les universités
Le Premier ministre François Fillon a fustigé mercredi 6 mai au soir la "minorité" d'étudiants qui bloquent certaines universités, l'accusant de "gâcher l'avenir de la majorité", et a assuré que le gouvernement "rétablira l'ordre" là où les présidents d'université le demanderont.
"Je dis à la petite minorité qui bloque les universités et qui use de la violence qu'elle est coupable de gâcher l'avenir de la majorité des étudiants", a déclaré le Premier ministre à l'occasion d'une réunion de nouveaux adhérents de l'UMP, pour les deux ans de l'élection de Nicolas Sarkozy.
Le mouvement ne s'essouffle pas
Pour le chef du gouvernement, les étudiants qui empêchent l'accès aux amphithéâtres sont "coupables d'abaisser la réputation de nos universités" et "de casser le service public".
"Nous n'accepterons pas que les diplômes soient bradés. Chaque fois qu'un président d'université nous demandera de rétablir l'ordre, nous y répondrons", a-t-il ajouté.
"Il est injuste que les familles qui se serrent la ceinture pour financer les études de leurs enfants soient les victimes de quelques extrémistes", a également dit François Fillon.
Le mouvement universitaire continue à perturber au moins une vingtaine d'établissements mais ne paraît pas s'essouffler, des blocages ayant eu lieu mercredi dans des universités, comme Grenoble-III ou Caen, selon les bureaux de l'AFP.
(Nouvelobs.com avec AFP)
CR réunion CNU/Ministère
Compte rendu de la rencontre du 29 avril 2009 entre le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et la délégation constituée par six porte-parole de la Coordination Nationale des Universités
Rappel des circonstances : Cette rencontre a été obtenue grâce à l’initiative d’une vingtaine d’enseignants-chercheurs qui ont occupé, ce jour-là, la cour du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de Recherche et demandé à ce que des représentants de la CNU soient reçus. Il a fallu l’intervention des CRS et de longues tractations pour que le directeur de cabinet de V. Pécresse accepte de recevoir les six porte-parole. En échange de ce « geste » du ministère, les EC qui occupaient les lieux ont accepté de sortir de la cour dans le calme.
Interlocuteurs : Philippe Gilet, directeur de cabinet de V. Pécresse et Dominique Marchand, directrice adjointe de cabinet.
- Nous avons rappelé les revendications de la CNU (décrets, masterisation et abrogation de la LRU comme cadre législatif de ces décrets)
- En réponse, nos interlocuteurs ont dit qu'il "n'y avait pas de dessein à démanteler l'université". La discussion a surtout porté sur les personnels et les suppressions de postes. Selon le Ministère, les 900 suppressions de postes programmées en 2009 ne sont en fait pas des suppressions car elles sont toutes compensées. A titre d'exemple, 225 emplois sont restitués dans la masse salariale de 2009 (45 000 euros). De la même manière 130 supports sont payés par dotation de l'Etat (chaires d'excellences).
Au final la politique du gouvernement n’a, selon eux, aucun impact sur le recrutement : il y aura le même nombre de recrutement et le bilan (après calculs savants et divers écrans de fumées) est positif : 85 postes d’EC en plus pour cette année.
- Sur la question des doctorants, le gouvernement avoue qu'il n’a rien prévu pour les doctorants non financés mais que, par contre, les ATER et les couvertures de moniteurs se voient revalorisés (2500 couvertures en plus, augmentation de 16% des allocations en deux ans).
- Lorsque nous posions des questions gênantes, notamment sur les budgets des universités (baisse du budget réel après calcul des nouvelles dépenses occasionnées par le désengagement de l'Etat et l'inflation), nous avons été renvoyé à des exemples locaux. L'exemple le plus frappant est la discussion sur le budget de l'université du Havre (texto envoyé à une secrétaire par le directeur du cabinet, secrétaire qui arrive 5 minutes après avec le budget précis du Havre). Chiffres à l'appui, le directeur de cabinet a expliqué que 1,8 millions d'euros pour la mise en sécurité des locaux, ce n'est pas "pas d'argent du tout". Après avoir expliqué qu'il était normal d'assurer la sécurité des locaux, la discussion n'est pas allée plus loin.
- Nous avons demandé une garantie de la non augmentation des frais d'inscriptions pour les étudiants. Ils le garantissent, enfin pour l'instant (précisant tout de même qu’il leur était impossible de donner des garanties au-delà d’une année puisque « les frais d’inscription sont votés chaque année par le Parlement »).
- Pour les personnels non enseignants, cette année est selon le cabinet de V Pécresse "un plan de promotion exceptionnel pour les BIATOSS". Toutes les catégories C pourront passer plus facilement en catégorie B, tandis que les étudiants pourront faire du monitorat pour remplacer les promus (mais aussi tous les postes manquant en vue de combler le sous-effectif chronique par le monitorat étudiant). A notre indignation devant le fait que l'on prenne les étudiants pour faire du travail qualifié (de catégorie C, ou parfois même de catégorie B) au SMIC, il nous a été répondu que si nous ne voulions pas des 100 000 heures de monitorat offerts par le Ministère, d'autres étudiants seraient bien contents d'avoir ce travail (« Nous préférons voir les étudiants travailler là où ils étudient plutôt que chez MacDonald.... »)
- Il nous a été rappelé qu'il est inutile d'envahir ou d'occuper le Ministère pour être reçu en délégation, mais qu'il suffisait d'envoyer une lettre pour être facilement reçu (Secrétariat du ministère : secretariat.marchand@recherche.gouv.fr).
- Sur la question de la presse et des déclarations de V. Pécresse dans le Parisien ("le mouvement ne tient que du fait de bandes encagoulées", référence aux bandes de Strasbourg...), il a été dit que "c'est nous" qui avions commencé (agression à la poubelle renversée du président de l'université de Brest à la terrasse d'un café) et qu'il fallait arrêter avec la désinformation.
- Concernant le décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs, le Ministère se félicite d’avoir introduit la notion d’évaluation tous les quatre ans (« Vous ne pouvez tout de même pas être contre l’évaluation par vos pairs »). A la question de savoir si les heures supplémentaires au-delà de 192h seront payées dans le cas où l’enseignant-chercheur aurait une recherche « non reconnue comme telle par le CNU », il a été répondu : « Cela se décidera dans chaque université ».
- Lorsque nous avons évoqué les différences de vision qui nous séparaient (« vision économique, budgétaire et comptable » face à une « vision d’une recherche libre guidée par la motivation du chercheur »), nos interlocuteurs ont répondu par des questions visant à détourner le sujet (« qu’entendez-vous par une recherche libre ? »).
- Quand nous avons demandé comment des enseignants-chercheurs dont le service aurait été modulé pourraient se remettre à la recherche, on nous a répondu que les CRCT seraient là pour pallier cela dans chaque université.
- Quand nous avons demandé comment serait prise en compte la recherche d’un enseignant qui, pendant 4 ans, aurait choisi de lire pour enrichir ses connaissances plutôt que d’écrire des articles, nos interlocuteurs ont fait mine de ne pas comprendre la question ou n’y avaient même pas réfléchi : « Qu’entendez-vous par ‘seulement lire’ ? ».
- En ce qui concerne la mastérisation, nos interlocuteurs ont souligné que le syndicat majoritaire (FSU) participait aux groupes de travail et était donc en faveur de ce processus.
- Lorsque nous avons évoqué le problème crucial du lien entre concours, disciplines et recherche (notamment pour les lettres et sciences humaines), on nous a conseillé de contacter la commission Marois-Filâtre pour exprimer nos doléances.
CONCLUSION : cette réunion a vu s'affronter deux visions et deux analyses clairement contradictoires et diamétralement opposées des réformes. Le Ministère a tenté de nous prouver sa bonne action pour l'université française en citant beaucoup de chiffres, en faisant des calculs savants qui amènent à la conclusion que personne ne supprime des postes mais qu'au contraire le gouvernement en crée... Il faut absolument que lors d'une prochaine rencontre (cette fois-ci non improvisée), les porte-parole soient mieux préparés pour répondre à des argumentaires technocratiques et bureaucratiques qui ne visent qu'à démontrer par des chiffres sortis du chapeau que nous ne comprenons pas les réformes. Il semblerait d'après le Ministère que si nous faisons grève, c'est que nous ne comprenons pas les réformes et qu'il faut lire les textes.
jeudi 7 mai 2009
Nouvelles d'ailleurs : grève de la faim
un enseignant-chercheur est en grève de la faim chez nous depuis midi.
"Caen,
le 30 Avril 2009
Comme il l'a annoncé en Assemblée générale des étudiants et personnels de l'université de Caen Basse-Normandie du 30 Avril 2009, François Frémont, enseignement-chercheur à l'université de Caen basse-Normandie vient de débuter une grève de la faim pour protester contre les réformes en cours dans l'enseignement supérieur et la recherche.
Il est actuellement installé dans le hall du batiment sciences 3 du campus 2 de l'université de Caen Basse-normandie."
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reims: Campement et grève de la faim
Lire cette brève sur le site de l’Union
Il s’appelle Jonathan Borel. Il a 20 ans et il est en 1ère année de psychologie à la fac de lettres de Reims. Il a décidé d’arrêter de s’alimenter jusqu’au retrait de la loi Pécresse. « C’est parce que le gouvernement se moque de l’avis des étudiants » qu’il a décidé de commencer dimanche soir à minuit, une grève de la faim. « Nous avons essayé toutes les autres formes d’actions. Le blocage, les manifestations publiques bon enfant et pacifiques avec aucun résultat, nous ne sommes pas entendus. Je fais ça pour attirer l’attention du gouvernement et lui faire comprendre qu’avec cette réforme, il fait fausse route. » Jonathan est installé en face de la bibliothèque Pierre-de-Sorbon dans « un camp autogéré » formé de tentes Queschua sur le campus Croix-Rouge. Une quinzaine d’étudiants remontés y dorment depuis deux nuits. Ils sont bien décidés à poursuivre le mouvement. « La grève continue, une manifestation est prévue jeudi à 14 heures. Départ devant la maison des syndicats. » Un mode de lutte pas forcément soutenu par les organisations syndicales de gauche. « Ce type de lutte individualisée me pose un problème car c’est par l’engagement collectif que nous pourrons obtenir le retrait de la loi sans parler des risques pour sa santé », prévient Julien Micelli, de l’Unef, une organisation proche du PS. A.R
CR AG Campus du Jeudi 7 mai 11H
- le blocage a été voté avec
nppv 7
abstention 45
contre 145
pour 231
Ag un peu moins nombreuse du fait de la veille du 8 mai, le débat fut largement politique et la détermination des étudiants du campus est intact. Nous luttons toujours et nous sommes déterminés.
3è Coord nationale des laboratoires
Les délégués de la communauté scientifique, réunis le 5 mai 2009 au Centre Pierre Mendès-France de l'université Paris-1 pour la troisième réunion de la Coordination Nationale des Laboratoires en Lutte, réaffirment leur opposition déterminée aux réformes du gouvernement
imposées aux services publics d'enseignement supérieur et de recherche.
La CNLL appelle tous les personnels des laboratoires à se joindre aux actions suivantes :
- 14 mai :
manifestation nationale Enseignement supérieur-Recherche (ESR) contre la précarité, en convergence avec la coordination nationale des universités (CNU) et le secteur des services publics de santé le même jour
- 26 mai :
manifestation nationale interprofessionnelle à l'appel de huit confédérations syndicales, contre la casse des services publics. La CNLL appelle à manifester dans un cortège ESR fort et visible qui
défilera indépendamment pour rejoindre ensuite le cortège interprofessionnel
- 10 juin :
journée d'actions nationales et régionales à l'occasion de la réunion plénière du Comité national de la recherche scientifique
- 25 juin :
organisation d'actions coordonnées pour protester contre la tenue du Conseil d'administration du CNRS, au CERN à Genève.
Mobilisée depuis des mois, la communauté scientifique a maintes fois demandé que s'engage une véritable négociation sur les nécessaires réformes de l'Université et des organismes de recherche afin de sortir du conflit.
Les réformes imposées -- et d'ores et déjà appliquées -- visent à démanteler les organismes de recherche suivant une logique idéologique inacceptable. La mise sous tutelle politique et financière du service public de recherche et d'enseignement supérieur et la mise en
concurrence des Universités et des laboratoires sont en effet incompatibles avec leurs principes fondateurs : indépendance, liberté et collégialité.
Devant le mépris du gouvernement et des directions des organismes et leur refus persistant d'entrer dans un véritable processus de négociation avec tous les acteurs de la communauté scientifique, la Coordination nationale des laboratoires en lutte appelle solennellement
tous les personnels à :
- Prendre une part active à toutes les journées d'action nationales de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche et à leur préparation ;
- Soutenir l'action des Directeurs d'unités visant à défendre le rôle d'opérateur des organismes dans notre système de recherche ;
- Participer à l'ensemble des blocages et boycotts lancés pour empêcher la mise en place des réformes (conseils d'administration mettant en place ces contre-réformes dans tous les EPST, visites de l'AERES, expertises ANR...) ;
- Refuser la mise en place du fichage déguisé, l'automatisation prévisible de la gestion des ressources humaines et dénoncer les risques de discriminations que présentent les logiciels d'évaluation du personnel des EPST, et en particulier SIRHUS.
La coordination appelle solennellement les élus siégeant au Comité national de la recherche scientifique, ainsi que dans tous les Conseils scientifiques et d'administration, à s'opposer par tous les moyens aux réformes en cours. La Coordination demande notamment que les membres du Comité national défendent le retour à une évaluation collégiale et qualitative des laboratoires par le Comité national, contre les pratiques managériales, opaques et quantitatives de l'AERES.
La CNLL appelle enfin l'ensemble des citoyens à s'intéresser aux enjeux pour la société de l'enseignement supérieur, de la recherche et des services publics (éducation, santé...) et de leur devenir, afin de ne plus être dupes des actions de propagande du gouvernement.
La 4e Coordination nationale des laboratoires en lutte se tiendra en juin 2009.
mercredi 6 mai 2009
Nouvelles d'ailleurs
mardi 5 mai 2009
CR AG des personnels de l'UPJV
Face à la situation de blocage actuelle dont le gouvernement porte l'entière responsabilité, qui a entraîné une suspension des cours depuis trois mois dans la plupart des universités :
CR différentes AG
- Arts:
- AG des enseignants et enseignants-chercheurs du lundi 4 mai à 10h:
Motion A: L' AG des EC et des Enseignants réunie ce lundi 4 mai à 10h décide de poursuivre le mouvement dans les modalités actuelles: 14 POUR, 21 CONTRE.
Motion B: L'AG des EC et des Enseignants réunie ce lundi 4 mai à 10h décide la reprise des cours pour les semaines à venir mais se réserve la POSSIBILITE DE NE PAS ORGANISER LES EXAMENS: 21 POUR, 14 CONTRE;
Prochaine AG le Lundi 11 mai à 10h.
- AG unitaire du lundi 4 mai à 12h ( Etudiants, EC et Enseignants, Biatoss)
Grève: NPPV, 4; Abst, 19; Contre, 6; Pour 155
Blocage de la faculté: NPPV, 12; Abst, 39; Contre 37; Pour, 99.
Motion validation des semestres pour tous: NPPV, 16; Abst, 61; Contre, 43; Pour, 45. La motion sera donc représentée à la prochaine AG du lundi 11 mai.
GREVE ET BLOCAGE DE LA FACULTE DES ARTS DE L'UNIVERSITE DE PICARDIE JULES VERNE SONT RECONDUITS.
- Sciences:
Le déblocage mais poursuite de la grève et de l'occuption
blocage: NPPV: 7; Abstentions : 33; Contre: 297; Pour: 160.
Occupation des locaux: Pour: Majorité visible.
Grève: Pour: Majorité visible
Examens: Ne pas organiser des examens entre le 1er juillet et le 31 août: Pour Majorité visible
Motion de la CNU: Coordination Nationale Universitaire NPPV: 27; Abstentions: 77; Contre: 129; Pour: 159
prochaine AG: mercredi 6 mai à 12H
- Campus:
Toujours bloqué, 442 POUR et 291 contre le blocage.
Prochaine AG Jeudi 7mai 11h amphi 600
dimanche 3 mai 2009
Les larmes de crocodile de Madame la ministre
En refusant d’entendre le refus exprimé par le monde universitaire sous de multiples formes depuis l'automne 2007, Valérie Pécresse porte l’entière responsabilité des difficultés etconfusions de cette fin d’année universitaire.
Agenda de la rentrée
- arts:
10h AG restreinte aux EC
12h AG des Etudiants en arts.
-sciences:
14h AG amphi HAUY
-pole cathedrale:
17h Ag des Docotrants amphi Carré de Malberg
-campus:
12h AG
21h manif nocturne rdv Sciences
Mardi 5 mai:
12H AG des personnels
-AG IUFM 13h30
-ronde des obstinés sur Paris (départ: rdv 8h30 gare Amiens, train 9h12; retour: rdv 18h30 gare du nord Paris, train 19h04) Annulé elle reprendra en juin si le gouvernement continu la sourde oreille
Mercredi 6mai:
-atelier débat mouvement étudiant amphi 600 14h
-interpôle 18h Science
Jeudi 7mai:
- campus: 11h AG étudiante amphi 600
-manif locale 14h MACU
(désobéissance civile = se couvrir le visage par tous les moyens possibles)